Édito

Edito

 

 

Pour ne pas que tout s’écroule
ne pas oublier la place du plaisir.
Pour garder l’énergie nécessaire
à la prise de risque, ou à la mise en danger,
il faut le temps du rire,
le calme chez l’écorché,
quand l’étreinte se desserre,
que les phalanges cessent d’être blanches
que l’étreinte se desserre pour se faire tendresse.
Il faut fuir la mièvrerie.
C’est d’accord.
Il me semble que c’est chose faite pour tous.
Comment faire aujourd’hui pour que le métier que l’on a choisi
ne soit pas uniquement (le soit, oui, mais pas uniquement)
un travail au scalpel contre le caractère de pierre qu’il nous a
demandé de construire.

Pour éviter d’aboutir à un cirque hermétique
pour éviter que chacun sorte en jactant l’encore des nus,
des violences des jeunes
qui se défoulent avec de l’argent public
il faut garder un second degré,
comme il faut un œil extérieur pendant les répétitions
pour que ça reste du théâtre
et pas de la psychothérapie,
il faut un œil / être / esprit surplombant
qui sorte de temps en temps de l’ornière « infernale ».

 

 

« Si l’art reflète la vie, il le fait avec des miroirs spéciaux […].
Il est toutefois nécessaire que la stylisation n’abolisse pas
mais au contraire intensifie le naturel »

Petit organon pour le théâtre - Bertolt BRECHT